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Voix transgenres - Public Art Fund
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BlainD 0152 Panorama
Station de métro Spring Street
1 septembre - 30 novembre 1992

A propos de l'exposition

Tvoix de rans Cette exposition d'art public multimédia vise à transcender les barrières géographiques et linguistiques en diffusant des messages urgents sur les bouleversements sociaux, politiques, économiques et écologiques fondamentaux qui nous affectent tous à la fin du XXe siècle. L'œuvre est diffusée à la télévision, à la radio et dans les métros parisien et new-yorkais. Ce projet d'art public a donné la parole à plus de 50 artistes émergents et confirmés du son, de la vidéo et des arts visuels – la moitié travaillant aux États-Unis et l'autre moitié en France – pour créer des œuvres inédites abordant les changements politiques, économiques et culturels radicaux qui s'opèrent à l'échelle mondiale.

Lieu

Station de métro Spring Street
Station de métro Spring Street

Galerie photos

BlainD 0150
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BlainD 0152
CazalP 0327
EnnadreT 0539
GezJ 0635
GianakosC 0636
JaarA 0869
JaarA 0870
JohnsonJ 0871
KatzA 0914
LandauerK 1022
MessagerA 1158
MessagerA 1159
MessnerA 1160
SimmonsL 1633
SimpsonL 1634
SimpsonL 1635
SimpsonL 1636
ThomasA 1779

Artistes en vedette

Dominique Blain, [Affiche de métro] sans titre
L'affiche représente une pièce de cinq cents américaine à l'effigie d'un Indien, d'une couleur argentée brillante, sur fond noir. En dessous, on peut lire : « Retirée de la circulation en 1938. » La pièce est agrandie, révélant en détail la tête majestueuse d'un Amérindien et le mot « Liberté » qui y est imprimé. Cette pièce est devenue un symbole ironique de l'exploitation raciale et économique qui sous-tendait le processus de colonisation aux États-Unis et dans d'autres pays du monde.

À propos de son œuvre, Blain (né en 1957 à Montréal, Canada) déclare : « L’existence même de la pièce de cinq cents américaine de 1913-1938 soulève la question de l’insensibilité, du cynisme et du problème identitaire assez curieux des Nord-Américains blancs. Mais plus important encore, cette pièce à l’effigie d’un Indien et d’un bison incarne à la perfection et exprime de la manière la plus explicite la volonté d’anéantir et de s’approprier qui est au cœur même du processus colonialiste. »

« Il ne faut pas se consoler en sachant que cette pièce ne serait pas frappée dans l’Amérique d’aujourd’hui. Bien qu’un sentiment de honte et de malaise ait pu nous envahir, peu de choses importantes ont été faites pour s’attaquer à la réalité politique, à l’équité sociale ou, en fin de compte, à l’équilibre des pouvoirs au sein de notre société. »

« Cela soulève à son tour la question du « politiquement correct ». Faut-il y voir l’émergence d’une conscience sociale d’une ampleur historique, l’aube d’une ère nouvelle ? Ou faut-il le considérer comme la tentative la plus sophistiquée de notre société à ce jour pour masquer les réalités et empêcher tout véritable changement en aseptisant notre langage ? »

Christian Boltanski, Résultats de la recherche
Christian Boltanski (né en 1944 à Paris, France) a créé une affiche, Résultats de la recherche, Pour la Voix trans exposition.

Philippe Cazal, Empire
Philippe Cazal (né en 1948, La Redorte, France) a réalisé une affiche intitulée EmpireL'affiche comporte le mot « Empire » écrit en lettres capitales à l'envers, horizontalement. Le fond est en matière texturée, évoquant presque un serpent.

Touhami Ennadre, Mains de Monde
Touhami Ennadre (né en 1953 à Casablanca, Maroc) a créé une affiche composée de photographies en noir et blanc où apparaissent alternativement des mots en français et en anglais. Par exemple :

« OTZI-MANKIND MEMOIRE-INDIVIDU-IDENTITÉ-CORPS-TERRE-CRI-RACINES-UNITÉ-PERSONNE-LUMIÈRE CRY-OTZI-ECRITURE-RESEAU-BREATH-LIFE SCRIPT-MEMOIRE-RACINES-HEARTH-LUMIERE-SOUFFLE-HUMAIN-OTZI-UNIVERSEL-ONE-ALL-IDENTITE-LIEN-UNIVERSAL BODY-THREAD-OTZI .

La mise en page et l'expression graphique des textes visent la simplicité et la brutalité, le noir dense contrastant avec la violence du blanc.

Jochen Gerz, Comment Vivre ?
Pour son travail Comment Vivre ?Jochen Gerz (né en 1940 à Berlin, en Allemagne) explique : « La simultanéité d’un événement artistique dans deux villes culturelles marquantes et en pleine création du XXe siècle offre l’opportunité de réfléchir à des problématiques d’intérêt commun, des problématiques liées à la nature de la culture contemporaine et qui, de ce fait, revêtent une dimension internationale. La religion est une question omniprésente dans la modernité. L’art, dans une certaine mesure, semble devoir sa présence à notre époque à la “mort de Dieu”, mais, d’un autre côté, les religions semblent avoir survécu depuis l’échec de l’utopie d’un être humain et social post-religieux, telle qu’elle est représentée dans et par l’art. »

« Aujourd’hui, « après la modernité », on constate, hors des musées et des revues d’art, un besoin croissant de foi religieuse, l’un des derniers sujets susceptibles de provoquer des guerres. Parallèlement, il semble, comme auparavant, inconcevable pour l’esprit cultivé qu’un retour au passé soit possible, et que cette voie soit encore à explorer. »

Dans mon œuvre « double », « l’autre » joue un rôle central. À New York, on fait référence à Paris, et inversement. Dans les textes (anglais ou français), « un homme » est cité tandis qu’une femme apparaît. L’imagination peut nous aider à tolérer et à tirer profit de la différence (de l’autre) dans nos environnements, car elle émerge de notre vortex humain caché, et pourtant si semblable au nôtre, et s’y concentre.

Le texte sur les affiches de Gerz disait :
AU MÊME MOMENT / À PARIS, UN HOMME / LISANT CE TEXTE / DANS UNE STATION DE MÉTRO / SE RETOURNE / FRAPPÉ / PAR CETTE PENSÉE : / COMMENT PEUT-ON VIVRE, À L'AUBE DU XXIe SIÈCLE, AVEC LA RELIGION AUTOUR DE NOUS ?

AU MEME INSTANT / A NEW YORK UN HOMME / LISANT CE TEXTE / DANS UNE STATION DE METRO / SE RETOURNE, / FRAPPE / PAR L'IDEE: / COMMENT PEUT-ON VIVRE, A L'AUBE DU 21IEME SIECLE, ENTOURE DE RELIGIONS?

Alfredo Jaar, 1992
Pour son affiche 1992Alfredo Jaar (né en 1956 à Santiago du Chili) juxtapose le titre « 1992 » à une photographie en noir et blanc de l’imposante entrée, entourée de barbelés, du camp de détention de Whitehead à Hong Kong. C’est là que plus de 25 000 réfugiés vietnamiens attendent chaque année que leur statut soit régularisé et qu’ils puissent commencer une nouvelle vie. Ressemblant à un camp de concentration, ce lieu devient un symbole tragique de la manière dont les nations les plus riches du monde accueillent les étrangers. La scène de Whitehead, explique l’artiste, se répète dans le traitement réservé aux Mexicains et aux Haïtiens aux États-Unis, et dans celui réservé aux immigrants de nombreuses nationalités en Europe.

Marie-Jo Lafontaine, Nous sommes tous de ombres
Dans le développement de son idée pour le Voix trans Marie-Jo Lafontaine (née en 1950 à Anvers, en Belgique) a expliqué à propos de l'émission : « Il m'est apparu ces dernières années que l'accélération de la mise en orbite du monde et des cultures par la paix, mais surtout par les guerres, nous a laissés, faute de références historiques, au bord d'un précipice aussi menaçant que radieux. »

Annette Messager, Impertinente
Annette Messager (née en 1943, Berck-sur-mer, France) a créé une affiche intitulée Impertinente pour Voix trans série.

Laurie Simmons, New York et Paris
Sur l'affiche créée par Laurie Simmons (née en 1949 à New York), l'image est divisée en quatre tableaux photographiques éclairés par des projecteurs. Chacun d'eux, de manière voyeuriste, montre le bas du corps d'un mannequin féminin nu émergeant d'un objet : une maison, un livre, un fusil, un globe terrestre. La position de chaque corps diffère, suggérant une multitude d'informations troublantes sur le rapport des femmes aux domaines du savoir, du pouvoir et de la violence symbolisés par ces quatre objets. Crues, drôles, tristes et finalement révoltantes, ces quatre photographies réunies soulèvent des questions difficiles sur les rôles, officiels et officieux, imposés à toutes les femmes dans la société contemporaine.

Lorna Simpson, [Affiche de métro] sans titre
Pour tenter d'apaiser la douleur et le malaise général causés par l'épidémie de sida, Lorna Simpson (née en 1960 à New York) a créé un panneau d'affichage dont la partie inférieure porte les inscriptions : « Elle était », « Il était », « Ils étaient », en anglais et en français. Juste au-dessus de chaque phrase, des flèches et des silhouettes, de légères indications de hauteur et de poids, symbolisent l'emplacement d'un corps humain, désormais remplacé par un vide inanimé.

Masami Teraoka, [Affiche de métro] sans titre
Réalisée dans le style coloré traditionnel des estampes japonaises ukiyo-e, l'affiche de Masami Teraoka (née en 1936 à Onomichi, au Japon) représente une scène domestique informelle : une Occidentale, assise à une table de petit-déjeuner, sirote un café au lait mousseux et déchire avec les dents l'emballage d'un préservatif. Une estampe encadrée, accrochée au mur de sa cuisine, montre des amants orientaux, vêtus de costumes traditionnels japonais, évoquant une scène de kabuki et semblant l'observer avec un mélange de perplexité et d'horreur. L'œuvre est encadrée de calligraphie japonaise et de vagues à la Hokusai. Elle prône ouvertement la prévention des IST, mais suggère plus subtilement que la crise du sida ne connaît ni frontières géographiques ni frontières sexuelles.


Voix trans est un projet du Centre américain de Paris en collaboration avec Public Art Fund et le Whitney Museum of American Art. La partie consacrée au métro a été conçue par James Clark, directeur exécutif du Public Art Fundet Adam Weinberg, directeur artistique de l'American Center.

Financement majeur pour Voix trans Ce projet a bénéficié du soutien de la Fondation Bohen (New York), du Conseil supérieur du Mécanisme Culturel (Paris) et de la Fondation Andy Warhol pour les arts visuels (New York). Des financements complémentaires ont été fournis par le National Endowment for the Arts (NEA) (Washington, D.C.), la Maison du gouvernement du Québec (New York) et la Société Générale (États-Unis). Nous remercions tout particulièrement la Metropolitan Transportation Authority et Gannett Transit pour leur aide et leur collaboration.


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